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arac fakra

L'Arak est la boisson distillée, anisée nationale libanaise. Pour en découvrir le secret, il faut se rendre à Kfardebian - village des sources - situé au cœur du Mont-Liban à une altitude entre 1000 et 2826 m. L'endroit est pittoresque avec ses montagnes verdoyantes, ses énormes blocs de rochers, ses bois de chênes, de noyers, de pins, ses vergers de pommiers, de mûriers, et ses vignobles. C'est ici, au cœur des vallées divines, que coulent la source de Lait (Nabeh el-Laban) et la source de Miel (Nabeh el-Assal). Puis par une route tortueuse on arrive aux "Temples de Fakra", où depuis des millénaires, du temps des Phéniciens en passant par les Grecs, les Romains et les Byzantins, on a vénéré les dieux de l'amour et de la vigne. But du voyage: rencontrer le Docteur Carlos Guillermo Adem, président d'Arak Fakra, une distillerie d'Arak fondée vers le début de XVIIIe siècle par une famille noble libanaise traditionnelle du Mont-Liban dont les membres étaient consuls de France et de Venise. L'Arac Fakra doit ses qualités exceptionnelles à deux cépages libanais "Obeidi et "Merwayh" et à l'anis en provenance exclusivement de "Hineh" en Syrie. Pour la vigne comme pour les graines d'anis, l'heureuse conjugaison du sol, du climat et de la lumière a une influence majeure sur l'arôme. L'eau des sources "Assal" et "Laban" vient ajouter une touche finale de finesse. À partir du vin nouveau qui dose 7 à 10 degrés d'alcool, la distillation a lieu dans les quelques mois qui suivent sa fabrication et, en tout cas, avant le printemps pour qu'il n'ait pas "travaillé". L'opération se fait dans des alambics traditionnels. Si ces appareils n'ont pas évolué, c'est qu'ils sont les seuls à laisser passer dans l'eau-de-vie toutes les plus fines senteurs du vin que le connaisseur sait définir et apprécier. Ces alambics comprennent, sur la chaudière, les parties essentielles suivantes: la cucurbite, le chapiteau, le col et le réfrigérant ou serpentin traversant une cuve d'eau froide pour faciliter la condensation. La distillation se fait en trois passes. La première donne le "brouillis", de 45 à 50 degrés d'alcool, la deuxième produit la "bonne chauffe", de 69 à 71 degrés qui, mélangée à l'anis est distillée à son tour, pour donner naissance à l'arak. Ces opérations délicates ne sont confiées qu'à des gens d'expérience. Les têtes et les queues de distillation doivent être éliminées et distillées à nouveau, car elles sont chargées de flegmes et de mauvais goûts. À tous ces éléments dont l'heureuse conjugaison donne naissance à l'Arak nouveau, viennent maintenant s'ajouter deux autres fort précieux: l'argile de Beit - Chabab dont on fait les jarres et le temps dont l'action permet d'atteindre son plein épanouissement et ce moelleux si désirable. L'homme n'intervient avec tout son art et toute son expérience que pour harmoniser ces œuvres de la nature. Depuis les phéniciens et peut-être avant, les jarres en terre cuite servaient à la conservation des boissons. C'est donc tout naturellement que les Libanais s'en servirent pour le vieillissement de l'Arak. Et depuis, en dépit d'expériences multiples, on n'a pas trouvé mieux. Il existe une affinité naturelle et mystérieuse entre l'argile et l'Arak. Bien entendu, les jarres neuves doivent subir une sorte d'entraînement au vieillissement. La première eau-de-vie n'y séjourne que quelques mois. La seconde peut y rester un an ou plus jusqu'à ce que la jarre puisse bonifier le même Arak indéfiniment. L'Arak reste incolore comme de l'eau. Il faut encore l'élever, l'affiner pour lui conférer, avec la complicité du temps et de l'argile, ce moelleux, ce fondu incomparable pour composer le riche bouquet qui fait la constance et la renommée de cette boisson des dieux. Au cours du vieillissement, un phénomène essentiel se produit sous l'action du temps: une sorte d'oxydation de l'Arak qui respire à travers l'argile, s'affine, prend du moelleux, perdant les flegmes dont il aurait pu conserver les traces et un enrichissement par un échange constant et mystérieux avec l'air. Il s'agit bien d'un mariage intime, d'une fusion dans le plus complet accord mutuel. Le prix de cette bonification est l'évaporation et la baisse du degré d'alcool. Vient un moment où l'Arak atteint son plein épanouissement, l'harmonie parfaite de ses constituants, un moment où il dégage les senteurs heureusement conjuguées du vin et de l'anis dont elles sont la quintessence. C'est ce moment que l'Arak Fakra sera mis en bouteilles.